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 TAKESHI KITANO part 1

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odesu
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MessageSujet: TAKESHI KITANO part 1   Sam 9 Fév 2008 - 4:19

TAKESHI KITANO


Biographie :

AU COMMENCEMENT

Takeshi Kitano naît le 18 janvier 1947, dernier enfant d'une famille vivant dans les bas-fonds de Tokyo. Son père, Kikujiro, est un artisan en peintures et laques diverses. Kitano décrit sa relation avec celui-ci :
T. K. : "Je n'ai jamais parlé avec mon père. Quand mes frères et moi entendions ses pas, nous courrions très loin nous cacher. Je savais qu'il faisait partie des yakusa. Mais pour nourrir la famille, il était forcé de travailler comme peintre."

La mère de Kitano, Saki, est une femme fière qui essaye d'élever ses enfants dans la droiture en les envoyant à l'école et en leur enseigant, souvent à coups de trique, les usages du monde. La famille connait des temps difficiles pendant cette période d'intense pauvreté qui succède à la deuxième guerre mondiale.

T. K. : "Mes parents ne nous permettaient jamais de voir des films ou de lire des livres. Dans cette période d'après-guerre, toute la société travaillait à la renaissance économique du pays. Les films n'existaient plus. Je n'ai pris conscience de l'existence du cinéma et des Mangas qu'à mon entrée au collège."
En 1956, la famille Kitano est la première à posséder la télévision dans leur rue, et leur maison devient un lieu de rassemblement pour tous les habitants du quartier.
T. K. : "Je me souviens avoir considéré mes voisins comme une grande famille : les gens faisaient encore pousser des légumes dans les champs et se lavaient dans la rivière. Les enfants chassaient les papillons et les libellules, leurs mères passant leur temps à parler aux bains tandis que les hommes prenaient du bon temps au bar.
Takeshi est un élève doué mais il quitte le collège après y avoir passer 3 ans, malgré les protestations de sa mère et de sa famille.
T. K. : "Mon rêve était de travailler pour Honda. Cependant, à la fin des années 60, il y eut un grand mouvement d'étudiants venus de France, et les gens qui étudiaient la philosophie (Marx, Lenin, etc.) étaient très bien considérés. Je sentais que si je pouvais les rejoindre, ce serait plus facile pour rencontrer des filles. C'est pour cela que j'ai quitté l'uni et ai travaillé dans une boîte de strip-tease pour gagner ma vie."


THE TWO BEATS

En 1972, Kitano commence à travailler comme serveur dans un café. C'est dans celui-ci qu'il rencontre Kiyoshi Kaneko avec qui il crée un "manzai", un duo comique, nommé "The two beats" ("Beat" Takeshi, le surnom populaire qu'il utilise pour signer la majeure partie de ses films vient de là). Les deux comiques naissants commencent à jouer dans les boîtes de strip-tease à la mode et sont particulièrement appréciés par les étudiants et la jeune génération qui aiment leur style rapide et irrévérencieux.

En 1974, un producteur de télévision voit leur performance et les engage pour animer un talk-show. La consécration viendra rapidement et, 2 ans plus tard, les deux acteurs reçoivent des récompenses sur NHK, la plus grande chaîne câblée de l'archipel nippon.
T. K. : "Après être arrivé dans ce monde médiatisé, j'ai eu affaire à la police pour une idiotie. Comme après mon accident (en 1994), j'ai cru que ma carrière était finie. Mais je suis revenu ! C'est pour cela que j'aime la notion d'éternel recommencement que je développe parfois dans mes films."


TUEUR PSYCHOPATHE

Nagisa Oshima, le réalisateur de " Merry Christmas, Mr. Lawrence ", est le premier metteur en scène à entraîner Kitano loin de la comédie car il est persuadé que l'acteur à le potentiel d'un merveilleux criminel… Takeshi suit les conseils d'Oshima et obtient le rôle d'un tueur psychopathe dans une série TV a succès. Kitano continue dans le milieu et commence même à écrire des petites histoires comiques. Kaneko et lui continuent cependant à faire rigoler les japonais jusqu'à dissolution du duo au début des années 80.
Kitano commence alors à jouer sur grand écran. "Danpu-Wataridori" de Ikuo Sekimoto (1981) est le premier film de l'acteur qui campe un policier accumulant gags sur gags. Bide commercial, le film n'empêche cependant pas Kitano de continuer.


Takeshi est remarqué en occident grâce au film Furyo de Oshima. Dans ce film, Kitano joue un soldat japonais brutal qui sombre dans le sentimentalisme après avoir bu. Bien que jouant un second rôle, il vole la vedette à Sakamoto tant son personnage est étrange et violent.
T. K. : "Le problème, avoue moi, c'est que les gens s'attendaient à rire aux pitreries du comédien "Beat" Takeshi. Ils n'étaient pas près à me voir jouer d'autres personnages. Mon premier rôle sérieux, c'était dans "Merry Christmas, Mr. Lawrence" de Oshima (1983). C'est dans ce film que les japonais ont réalisé que je pouvais être méchant."
Depuis ce film, Takeshi poursuit une carrière prolifique et est une des plus grandes personnalités du Japon. Il anime 7 émissions TV, apparaît dans les colonnes des plus grands magazines, peint, écrit des poèmes et des romans,...
De plus, Beat Takeshi possède maintenant sa propre bande de comiques, les "Gundan", qui, en plus d'être martyrisés dans les émissions trash de Monseigneur (surnom de Kitano à la TV), apparaissent dans la plupart des film du Maître (les motards de Kikujiro par ex.)
T. K. : "Mon éditeur m'appelle l' " Anarchiste perpétuel ". Je suis ennuyé d'avoir un surnom comme celui-là. Dois-je être plus doux ? Une des raisons qui m'a fait devenir comique, c'est que je pouvais dire tout ce que pensais sur un mode ridicule. C'est une position unique. J'ai pu exposer des choses que le public japonais n'aurait jamais accepté si j'avais été un politique."


KINJI FUKASAKU SE DÉSISTE

Takeshi fait ses débuts de réalisateur en 1989 avec le thriller "Violent Cop".
T. K. : "Faire un film est plus difficile que de jouer la comédie. Quand je suis comique, je veux immédiatement faire rire. Je n'essaie pas de faire passer un sentiment profond. Au contraire, je veux que mes films plongent le public dans un océan de sensations."
A l'origine, Kitano ne devait pas tourner "Violent Cop", mais le réalisateur Kinji Fukasaku s'étant fait porter pâle (il ne pensait pas pouvoir diriger le comique), Takeshi reprendra le film et transformera un simple remake de "l'Inspecteur Harry" en un thriller triste et sanglant.


T. K. : "J'ai dit oui, explique Kitano. Le problème, c'est que je n'avais jamais dirigé quelqu'un ni appris les normes cinématographiques (de ma vie, je n'ai vu que quelques films). Lorsque je suis arrivé sur le plateau, j'ai dû me battre pour imposer ma vision au reste de l'équipe. Je ne voulais surtout pas voir des choses inutiles lors des déplacements de la caméra. A la sortie, on m'a dit que je ne savais pas filmer."
Takeshi tourne des plans fixes, tranquilles, que l'on retrouvera également dans ses autres réalisations. La violence semble exploser le silence, apparaît décalée, en total désaccord avec les autres plans.
T. K. : "Il n'y a pas de mouvement de caméra, dit Kitano. Pas de haut ni de bas. La violence est comme la comédie : elle arrive soudainement, nous surprend, sans nous avertir. Je pense qu' il est plus effrayant de voir le poing que celui qui est frappé."


UN HOMME VIOLENT ?

Ici, il faut ouvrir une parenthèse pour parler de la relation de Kitano avec la presse. Une légende raconte que Takeshi et ses amis ont attaqué un éditorialiste avec des parapluies.
Au milieu des années 80, la popularité de Kitano atteint des sommets. Jusqu'au jour où un journaliste s'en prend à lui dans des termes assez durs… Le comédien est tellement remonté qu'il organise une expédition punitive et entreprend d'investir la maison d'édition (l'une des plus importantes du Japon) qui a publié le journal infamant. Là, sous l'objectif de ses caméras, il s'en prend physiquement à l'auteur de l'article. A la suite de l'incident, Kitano est interdit d'antenne pendant un moment. Lorsqu'il réapparaît, sa popularité est intacte.
T. K. : "Un paparazzi a commencé à poursuivre ma petite amie lors d'une promenade. Je me suis levé et l'ai protégée avec mon parapluie ouvert… Après ça, les gens se sont dit que j'étais violent. Mais ce n'est pas vrai ! C'est moi qui suis attaqué de partout : maintenant que j'ai de la renommée en occident, la plupart des journalistes du Japon me poursuivent constamment. En voyant des films sérieux, ils se sont dit que le personnage devait l'être et veulent confirmer leurs impressions."

BOILING POINT & CO
Après "Violent Cop", Takeshi tourne "Boiling Point" en 1990. Cette fois, il écrit le script lui-même et le co-produit avec Toshio Taniguchi. En 1991, Kitano réalise "A Scene at the Sea", film qui devient sa première collaboration avec le compositeur Joe Hisaishi. Ces deux films parlent tous les deux de perdants qui arrivent à leur fin en y croyant totalement.
En 1993, Kitano réalise un de ses meilleurs films, "Sonatine".
T. K. : "Une sonate est une partition que vous jouez quand vous apprenez le piano. Je pense que c'était exactement le titre que je cherchais pour illustrer ma carrière."


Sonatine parle d'un puissant yakuza, Murakawa, joué par Kitano himself. Le réalisateur ne parle plus ici de looser comme dans ses précédents longs métrages mais d'un homme au sommet de sa carrière criminel, craint et détesté par tous.
T. K. : "Nous ne savons pas précisément comment Murakawa est arrivé ou il est aujourd'hui. Nous savons seulement qu'il a commis des choses horribles pour y parvenir. Et maintenant, il veut arrêter. Au Japon, arrêter quelque chose est toujours un acte déshonorant. Quand Murakawa est envoyé à Okinawa, il devine qu'il va se faire assassiner. Ce que j'ai voulu montrer ici c'est ce qui se passe dans la tête d'un homme quand il sait qu'il va mourir. L'approche de la mort vous donne une autre vision de la vie. On ne peut ressentir le plaisir de vivre si l'on ne pense simultanément que la mort est toujours présente et prête à frapper. Dans le film, on voit Murakawa assit sur une plage, oubliant ses problèmes devant l'immensité de l'océan. La violence vient avant et après cette scène, comme un sandwich. Ce qui se passe vers l'océan est hors du temps…"


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